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Augmentation de l'âge de la retraite? 

 

Non merci!
 

Depuis le glissement vers la droite au sein du Conseil fédéral en décembre 2003, les programmes de démantèlement de l'Etat et plus particulièrement du domaine social prennent les devants de la scène politique en Suisse. Les raisons des programmes d'allègement budgétaire PAB 03 et PAB 04 étaient de nature purement idéologique et se répercutent par conséquent de façon négative sur la conjoncture et la politique économique. C'est ainsi que la faible reprise de l'économie suisse est "étouffée", tel que le révèle l'étude de l'institut de recherches économiques bâlois BAK. Il s'agit en fait de purs "programmes d'allègement" destinés aux cantons et communes, qui menacent les services publics, augmentent le chômage et en fin de compte portent atteinte à toute la population. Ainsi, ce n'est pas seulement l'Etat que l'on démantèle à l'extrême, mais les problèmes sociaux qui prennent de l'ampleur dans notre pays.

Les débats concernant le PAB 04 ont d'ailleurs montré que le Conseil fédéral a agi de manière inquiétante au niveau de la politique nationale: en effet, le Parlement prenait des décisions sur guère plus de la moitié du volume total des mesures de démantèlement, des décisions ayant même été anticipées (par exemple concernant la révision AI qui n'était pas accompagnée du message du Conseil fédéral). Et actuellement, les Sept Sages se perdent dans divers projets au détriment du personnel. En font partie le programme d'abandon de tâches (PAT) – il est du ressort du Conseil fédéral et échappe à tout contrôle démocratique du Parlement –, la réforme de l'administration de même que l'établissement d'un "portefeuille de la Confédération". En même temps, le Conseiller fédéral Christoph Blocher mène sont propre programme "PAB 04 plus" sans base légitime et prône un "Etat svelte". Le Conseiller fédéral Merz, quant à lui, gère la Caisse fédérale aux dépens des employé-e-s de la Confédération. Quoi d'étonnant à ce qu'une personne sur deux employée à la Confédération ait signé la pétition (déposée à la fin mai) contre le démantèlement des prestations auprès de la Caisse fédérale de pensions, les réductions salariales ainsi que les licenciements. 

Dans le cadre de la réforme de la caisse PUBLICA, le Conseil fédéral veut même contourner la volonté populaire. Les syndicats, le PS et les Verts avaient lancé le référendum contre la 11e révision de l'AVS et faisaient cavalier seul contre le projet antisocial. Et ce sont près de 
70 pour cent des citoyennes et citoyens qui les ont suivis et ont déposé un NON catégorique dans l'urne concernant les mesures de démantèlement de cette révision – malgré la campagne d'opposition massive de tous les partis bourgeois. Or, les analyses sur la votation font clairement ressortir que la population suisse ne veut plus de nouvelle augmentation de l'âge de la retraite sans flexibilisation sociale. Et c'est précisément cela que le Conseil fédéral veut faire dans le cadre du programme de démantèlement portant sur la Caisse fédérale de pensions. En effet, il est prévu de relever l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, bien que la limite supérieure se situe toujours à 64 pour le premier pilier. Un départ à la retraite avant 65 ans serait donc exclu à l'avenir, c'est-à-dire impossible sans réductions substantielles des prestations, et ce, nonobstant le fait que l'âge de retraite moyen auprès de la Confédération se situe actuellement à 61 ans et demi déjà. Il est donc évident que la décision d'une telle révision de la Caisse fédérale de pensions aura des effets sur l'ensemble des autres caisses. Des modèles de retraite anticipée ne seraient plus possibles ainsi, à moins de réductions massives des rentes, tandis que les modèles performants qui existent déjà dans la pratique subiraient une forte pression.

Le Conseil fédéral a donc laissé entendre qu'il n'a pas la volonté de respecter les accords négociés avec le personnel et, de ce fait, il a pris congé du partenariat social. Les organisations et syndicats associés au sein de la communauté de négociation concentreront désormais leurs efforts sur les consultations parlementaires pour "redresser la barre" et le bilan sera tiré tout à la fin. Au cas où le Parlement devait de nouveau se diriger contre les employé-e-s de la Confédération, il ne resterait plus que le lancement d'un référendum pour s'opposer à une telle politique arbitraire et patronale.

Christine Goll, conseillère national PS et présidente du ssp
 

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